Vendredi 1 juin 2007
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15:15
Je suis à peu près sûr que vous avez fait le test: boire un verre de Caca-cola light et de Caca-cola zéro pour comparer. Et pour autant, il n'est
pas si évident de faire la distinction. D'où la question du jour: "Quelle est la différence entre le Caca-cola light et le Caca-cola zéro?" Une question que m'a posé mon ami Bertrand, et que beaucoup de gens se posent en réalité.
Il est difficile de savoir la réponse exacte, dans la mesure où la recette du caca-cola est tenue secrète (dans un coffre-fort d'Atlanta, affirme l'entreprise elle-même). Mais certains éléments
de la composition des différents produits sont connus. Dans le light comme le zéro, le sucre a été remplacé par des édulcorants (aspartame et acésulfame-k), et les
ingrédients indiqués sur l'étiquette sont exactement les mêmes pour les deux boissons, seules les proportions varient (très) légèrement. Les extraits végétaux qui donnent l'arôme au
produit doivent également varier.
Résultat: le Caca-cola zéro a un goût légèrement plus proche du classique, et il est 50% plus calorique que le light (2 kcal pour une bouteille d'1,5l de light, et 3 kcal pour le zéro). Waouh! ça
en fait une grande différence! En revanche, le Caca-cola normal est beaucoup plus calorifique que le light et le zéro: une bouteille de 1,5l de classic est l'équivalent de 670 Kcal, soit
200 fois plus!
Bref, vous l'aurez compris, les différences entre light et zéro sont réelles mais infimes. Ce qui se démarque le plus, c'est l'emballage, et la stratégie marketing: plus "viril" selon la marque,
le zéro est sensé attirer les hommes, le light ayant une image trop féminine. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, à chaque fois (ou presque) qu'une fille commande un Caca-cola dans
un bar ou un restaurant, le serveur demande invariablement: "normal ou light"? Question qu'il ne pose pratiquement jamais à un homme. L'arrivée du zéro complique donc
lourdement la tâche du serveur: pour bien faire, il se doit maintenant de demander à Madame s'il est elle veut "normal ou light ou zéro", et à Monsieur s'il préfère"classic ou zéro".
S'il y en a un qui doit bénir les stratégies marketing de Caca-cola, c'est bien le serveur!
De toutes façons, Caca-cola, c'est zéro! Et à vrai dire ça m'agace de leur faire indirectement de la pub. A la limite, je préfère le Pet'z-y Max. Sur ce, Réponsatout va aller nettoyer le
calcaire déposé sur les vitres de la maison avec du Caca-cola. C'est très efficace!
Mercredi 30 mai 2007
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Aujourd'hui, Réponsatout répond à une question de Curieuse: "les poussins bâillent-ils?". Je
la soupçonne d'avoir tenté de me piéger, car elle m'assure avoir posé la question à plusieurs professeurs de sciences naturelles, et qu'ils ont séché.
Effectivement, Curieuse, c’était une question difficile, dans la mesure où il n’y a pas de consensus scientifique sur le sujet. Certains estiment que le
bâillement (tel qu’on le définit pour l’être humain) n’existe pas chez les oiseaux. D’autres affirment le contraire.
Commençons donc par définir le bâillement humain: «Il possède une caractéristique musculaire: écartement large des mâchoires, extension et raideur des
extrémités et du tronc. Et une caractéristique respiratoire: inspiration longue suivie d'une expiration lente». Essayez, vous verrez, c’est facilement vérifiable. D’ailleurs, si ça se trouve,
rien que la définition a suffi à vous faire bâiller.
Le bâillement fait partie des mouvement dits «de confort» (étirements, grattage, nettoyage…). Il existe a priori chez tous les vertébrés, notamment les mammifères. Mais chez les oiseaux, c’est
plus discutable. La confusion entre le «vrai» bâillement et de simples mouvements d’ouverture du bec est possible. Certains chercheurs préfèrent d’ailleurs
utiliser le terme «jaw-stretching» (étirement des mâchoires) évitant ainsi l’analogie avec le bâillement humain.
Chez les oiseaux, le jaw-stretching réalise deux fonctions différentes: geste social de quête, ou geste d’oxygénation par étirement (comme le bâillement chez
l’être humain). Le bâillement de quête de la nourriture se déclenche quasi-automatiquement pendant les premiers jours de la vie des oisillons.
Donc, pour en arriver à nos poussins, ils bâillent, oui, mais pour quémander leur pitance. Et ils s’étirent aussi la mâchoire pour effectuer des mouvements
d’oxygénation. A toi de voir, Curieuse, si tu veux appeler cela ou non un bâillement. Personnellement, je dirais que oui.
Si vous voulez en savoir plus, il existe un site très sérieux et complet (mais mal présenté) qui rassemble les recherches scientifiques sur le bâillement: www.baillement.com Sur ce, Réponsatout va faire une petite séance d’étirements sous la couette. Tout ceci lui a donné sommeil.
Samedi 26 mai 2007
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"Si tu tiens un spaghetti cru aux deux extrémités et que tu exerces une pression pour le casser en deux, pourquoi la plupart du temps le
spaghetti se casse en trois?", me demande Zazou. C'est une question sur laquelle se sont heurtés de nombreux scientifiques (dont deux prix Nobel de
physique, excusez du peu!). Elle n'a finalement été résolue qu'en août 2006 par deux Français (et non, pas des Italiens!) Basile Audoly et Sébastien Neukirch. Ils ont été récompensés par le
prix IgNobel de physique, l'alter ego comique (mais officiel!) du
Nobel.
C'est vrai que c'est curieux: prenez un morceau de bois, un coton-tige ou un tube de plastique; faites-le plier en appuyant sur les extrémités, tous se casseront en deux, en leur milieu. Pas le
spaghetti. Il se brise toujours en trois parties minimum, et pas des morceaux égaux. Quand il est cru, bien entendu (je précise pour les élèves du fond près
du radiateur qui jouent au morpion et qui n'ont rien suivi).
Revenons à nos spaghettis. Il faut savoir que lorsqu'on la plie, la tige de pâte alimentaire se brise d'abord en son milieu, à l'endroit
où la torsion est la plus forte. Bien, rien de différent par rapport à notre bout de bois ou notre coton-tige. Donc ça n'explique pas pourquoi le spaghetti se casse en trois, quatre, cinq
morceaux ou plus. En fait, au moment de la cassure, une onde élastique parcourt notre nouille filiforme, amplifiant localement la torsion du spaghetti. Du
coup, à ces endroits (qui peuvent se situer un peu n'importe où), ça casse aussi. Ca n'a l'air de rien à expliquer, mais je vous assure qu'il ne fallait pas être nouille pour trouver la
solution!
La comparaison est un peu hasardeuse, mais cette onde élastique me fait penser aux tremblements de
terre: le milieu du spaghetti qui se brise, ce serait l'épicentre du séisme. Les autres cassures, ce seraient les répliques du tremblement. Mais bon, il faudrait pouvoir filmer
l'éclatement du spaghetti au centième de seconde pour se rendre bien compte à l'oeil de cette onde élastique.
Si cette découverte scientifique récente paraît ridicule (qui s'amuse à casser des spaghettis?), elle est en réalité utile car cette loi physique concerne toutes les
longues tiges en plastique fin, et pourrait permettre d'optimiser la fabrication des fibres optiques ou des barres de Téflon. Il paraît d'ailleurs que d'autres chercheurs bossent
actuellement sur la brisure de la pâte feuilletée...
Sur ce, Réponsatout va se faire une carbonara tout en lisant le bouquin Les Prix Ignobels (c'est peut-être pas une bonne idée ça, de
faire les deux en même temps... je vais rater ma sauce!). Bon appétit tout le monde!
Mercredi 23 mai 2007
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15:21
Un peu d'ornithologie aujourd'hui, avec cette question de Vira: "comment reconnaît-on une tourterelle
mâle d'une femelle?"
Evidemment, il va sans dire qu'il s'agit de savoir les différencier de loin: on ne vas pas aller leur ausculter les coucougnettes, à ces
pauvres tourterelles! Il y a un moyen facile, mais il faut bien observer: lorsqu'il chante, le mâle remue la tête de haut en bas et gonfle le cou. La
femelle, de son côté, chante sans effectuer ce mouvement de va-et-vient vertical.
C'est comme les amoureux qui roucoulent finalement: seul le garçon effectue le mouvement de va-et-vient... Pardon pardon je m'égare, je devrais
m'auto-censurer tiens! Pour me faire pardonner, je vous donne une bonne adresse: si vous êtes passionné par les tourterelles, vous pouvez
aller faire un tour par là.
Voilà, réponse courte aujourd'hui (oui parce que comme on peut me poser la même question pour tous les représentants du
règne animal, je vais pas passer des heures sur chaque espèce!). Sur ce, Réponsatout s'en va chercher une amie avec qui roucouler. C'est pas gagné!
Mardi 22 mai 2007
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19:02
Qu’est-ce que l’identité française? On me dit: toi qui es à l’étranger, tu as plus de recul sur le sujet, peut-être est-ce plus facile à définir
pour toi? Je ne sais pas, mais Réponsatout va essayer.
L’identité française est chrétienne, disait Valéry Giscard d’Estaing (entre autres). Et bien c’est vrai dans le sens où la France telle qu’on la connaît s’est construire, façonnée, développée
sous l’autorité de dynasties de rois catholiques, représentants de Dieu en France. Mais c’est faux dans la mesure où, depuis plus d’un siècle, l’Eglise catholique n’interfère plus (en théorie, en
tous cas) dans la vie politique, économique et sociétale. L’identité française est en fait une mosaïque de multiples influences. Encore aujourd’hui,
certaines identités régionales (Bretagne, Marseille, Alsace, Pays Basque, Occitanie, Corse…) sont plus fortes que l’identité nationale.
L'identité française, c’est aussi un mélange complexe de fierté et d’insatisfaction permanente. Nous sommes fiers de vivre dans le pays des Droits de l’Homme, dans le pays des Lumières, la patrie
des arts et de la culture. Ca nous rend arrogants comme des coqs gaulois, et bien souvent nous avons un complexe de supériorité (in)conscient par rapport à nos interlocuteurs étrangers. En même
temps, nous sommes sans doute le peuple le plus râleur au monde, cultivé mais toujours prompt à critiquer, à se plaindre pour tout et n’importe quoi, à
descendre dans la rue pour manifester, contester, revendiquer… Nous sommes le pays des acquis sociaux (avec les pays scandinaves, sans doute), et nous voulons toujours plus.
Aujourd’hui, il y a une scission entre les Français. D’un côté, ceux qui se revendiquent d’une identité plurielle, mixte, métissée: ceux-là sont pour l’intégration des immigrants et enfants
d’immigrants. De l’autre, ceux qui veulent revenir à l’identité française d’avant l’immigration, aux racines judéo-chrétiennes. Ceux-là semblent oublier que l’identité française, selon
l’Histoire, est un mélange de cultures gauloise, celtique, romaine, franc, viking, gothe, arabe, anglaise, et j’en oublie sans doute.
Alors la vraie question, c’est celle-là: combien de temps faut-il pour assimiler ces différentes cultures et n’en faire plus qu’une, mélange accepté par
tous? Parce que c’est bien ce qui s’est passé, il y a des siècles et à plusieurs reprises, sur ce même territoire français: les Gaulois ont «absorbé» la culture romaine, puis nos aïeux ont
assimilé les Francs, les Vikings, les Anglais…
La différence, c’est que tous ces mélanges ont été imposés par les peuples conquérants. Les populations locales ont été forcés de s’adapter, de se mélanger à leurs vainqueurs. On observe la même
chose avec les colons en Amérique. Dans tous les cas, cette mixité «réussie» est née de la guerre, de la force, de la soumission. En revanche, les immigrants d’aujourd’hui, du XXe siècle, ne sont
pas les dominants, c’est pourquoi ils sont rejetés. J’en conclus que, malheureusement, la mixité ne s’acquiert que par la force.
Ajoutez à cela qu’un peuple n’est jamais plus uni qu’en temps de guerre, que c’est face au danger, que se crée ou se ravive le sentiment d’identité commune, d’union nationale. Ne faites pas dire que la France a besoin d’une guerre pour retrouver son identité! Je constate simplement que si l’union fait la force, la force fait l’union.
Sur ce, Réponsatout part en quête de sa carte d'identité car il doit se rendre au consulat. Et il vous invite à aller faire un tour sur www.vusurlemonde.com, où l'on parle aujourd'hui de l'identité et de la mixité «réussie»
à la chilienne.