Vendredi 28 septembre 2007
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La photo numérique, c'est bien, notamment pour recadrer les photos. Mais Chriscraft, qui en est une
adepte, se demande: "quand je retaille une photo, je me demande ce que deviennent mes bouts d'images rejetées?" En voilà une question comme Réponsatout les aime!
Les bouts d’image rejetés, s’ils sont perdus pour nous, ne le sont pas pour tout le monde. Tout comme il existe un cimetière des idées perdues, on trouve des déchetteries numériques pour fichiers supprimés, sortes de trous noirs de l’espace
virtuel. Eh oui, quand on vide la corbeille de son PC, on ne jette pas son contenu dans la nature, il reste des traces quelque part dans les recoins obscurs
et cachés de l’ordinateur.
Tes bouts d’images sont bel et bien effacés, mais ils ont laissé une trace de leur passage dans quelque mémoire morte oubliée au fin-fonds de ton PC.
Et là-dedans, il y a des puces et des diodes et des microprocesseurs qui s’ennuient, alors pour passer le temps, ils récupèrent tes bouts d’images pour faire des
collages, des patchworks, et tapisser les murs qui les entourent, pour décorer un peu l’intérieur tristounet de l’ordinateur.
Et rassure-toi, Chriscraft, ce n’est pas bien grave qu’ils ne récupèrent que des bouts de photos ratées: les puces, diodes
et microprocesseurs n’ont aucun sens artistique. Après tout, ce sont des machines, hein…
Après cette petite fantaisie, Réponsatout répondra la prochaine fois à une question plus sérieuse.
Samedi 22 septembre 2007
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Trois mois. Il aura fallu trois mois à Réponsatout pour élaborer une réponse appropriée à la question d'Omo Erectus, à laquelle il avait déjà répondu succinctement en juin. "Pourquoi pas?"
voilà une question qui ouvre des milliers de possibles, et c'est ce qui plaît à cette tête chercheuse de Réponsatout.
"Pourquoi pas?" en voilà une phrase pleine d'audace! "C'est le plus sérieux du monde. En morale, c'est une question fort gênante", précisait Omo Erectus. Effectivement. Sous des dehors innocents
et bénins, ces deux mots sont une invitation à lever les interdits, à transgresser les règles. Ce n'est ni un oui, ni un non, c'est une porte ouverte au
libre-arbitre, tout comme "peut-être". Mais ça va plus loin, car à la différence d'un prudent "peut-être", "pourquoi pas" invite implicitement à passer à l'action. Je vous donne un
exemple:
Deux amis discutent, et soudain, l'un d'eux a une idée farfelue:
"Et si on allait courir nus au Parc-des-Princes pour PSG-OM?"
"Peut-être."
Là, on se doute bien que le copain n'est pas très chaud à l'idée d'aller faire du strip-tease au milieu de 22 types en crampons et chaussettes montantes.
Mais imaginons l'autre version:
"Et si on allait courir nus au Parc-des-Princes pour PSG-OM?"
"Pourquoi pas?"
Là, il y a beaucoup plus de chances que Thierry Gilardi prenne un ton offusqué en plein milieu du match, alors qu'il dissimule mal son éclat de rire de voir les deux
nouilles se faire courser par les services de sécurité du stade. Vous saisissez la différence?
"Pourquoi pas?", c'est la phrase ultime pour balayer tous les arguments qui tendent à nous empêcher de faire quelque chose. C'est le ferment de la désobéissance, de la subversion. C'est,
surtout, une soupape de sécurité pour l'être humain, c'est la sauvegarde de son libre-arbitre. C'est le petit grain de sel qui incite à prendre du recul face
à des règles figées et strictes, à l'ordre établi qu'on ne doit pas remettre en question; le petit grain qui permet d'enrayer les machines bien huilées de la bien-pensance et du formatage de nos
pauvres cerveaux dans les moules tout prêts à les façonner.
"Pourquoi pas?", en extrapolant un peu, c'est un appel à la rébellion intellectuelle, c'est une phrase révolutionnaire. Imaginez que l'on nous ôte le droit
au "pourquoi pas?" et vous vous rendrez compte que ce serait comme nous enlever un droit fondamental, la liberté de faire des choix alternatifs.
Quand un simple "pourquoi?" demande explications, éclaircissement ou justifications, "pourquoi pas?" va plus loin en remettant les choses en question. "Pourquoi pas?", c'est prendre le parti d'évoluer, d'oser remettre en cause les normes. C'est un moteur de première pour avancer. J'imagine très bien mon confrère Einstein, présentant pour la
première fois son projet de fission nucléaire:
"C'est pas possible", aurait-on pu lui dire.
"Et pourquoi pas?" Et toc, voilà mon Albert qui tire la langue avec ses cheveux en champignon atomique.
Avec un "pourquoi pas?", tout est possible, faisant fi des règles, des contraintes, de la morale. C'est une prise de distance par rapport à notre façon de penser et d'agir, une petite phrase qui dérange. C'est pour cela que Réponsatout aime beaucoup cette question.
Sur ce, après s'être bien creusé le ciboulot, Réponsatout s'en va prendre son petit remontant préféré: du jus d'algue macéré dans le sirop de fraise et l'alcool de maïs. Bizarre, oui, mais
pourquoi pas?
Vendredi 7 septembre 2007
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Réponsatout vient de faire l'acquisition du bouquin "Pourquoi les manchots n'ont-ils pas froid aux pieds?", florilège de questions saugrenues posées
par des lecteurs de la revue "New Scientist". Ce livre-même sur lequel avait pompé Stéphane Bern pour son émission estivale sur France 2 (que Réponsatout a, finalement, totalement snobé... ce qui
n'était pas pour déplaire au sieur Bern, qui aime les snobs).
Eh bien le grand érudit qu'est Réponsatout est déçu: il n'a rien appris que son cerveau omniscient ne sache déjà. Ceci dit, il vous conseille le livre, c'est amusant. Mais il préfère quand même
que pour les questions saugrenues, vous vous adressiez directement à lui. Et pour faire plus humain, plus "intime", il a décidé de se faire appeler Ray Ponsatoo. Moi j'aime pas trop, mais bon,
lui il trouve ça super, en plus c'est fashion les noms en "oo". Vous en pensez quoi, voo?
Samedi 1 septembre 2007
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14:46
Quentin me demandait, il y a quelques semaines déjà, "pourquoi nous autres Français, avons inventé l'accordéon et non pas un instrument de
musique plus intéressant?"
Je m'excuse de devoir te corriger, Quentin, mais si j'en crois mon ami Almaterra, l'accordéon a été inventé par un
Autrichien, a connu son essor en Italie, avant d'être popularisé mondialement par le tango argentin. Alors pourquoi, oui pourquoi donc, l'accordéon représente-t-il la
franchouillardise dans le monde? Pourquoi, dans tous les films américains (ou presque), les premières images de Paris sont-elles accompagnés d'un p'tit air de musette?
C'est la faute à la môme Piaf, et son accordéoniste! diront les uns. C'est parce que jusqu'à une époque très récente, Pascal Sevran l'iconoclaste continuait d'inviter des accordéonistes à la
télé, assurent d'autres. Bof... C'est peut-être parce que les Marines, quand ils ont débarqué en Normandie, ont découvert les joies de la séduction à la française dans les bras des jeunes filles
au bal-musette. P'tet ben qu'oui, p'tet ben qu'non. Ou bien, encore, parce que le monde entier se souvient avoir vu Yvette Horner encourager les coureurs du Tour de
France au son de son piano à bretelles (d'ailleurs, c'était mieux que la voiture-balai et que les piqûres pour redonner du tonus aux trainards: au secours, j'ai Yvette Horner aux
fesses!)
Je pense, oui, que c'est à cause de la musette à Vévette que l'accordéon est un cliché de plus qui colle à la peau aux mains du Français. Et pourtant, les Tziganes, les Argentins, et d'autres sans doute sont plus férus de bandonéons et consorts que nous. Et en font un usage beaucoup plus intéressant musicalement. Mais
les flon-flon du bal, c'est immortel. Malheureusement?
Sur ce, Réponsatout s'en va "souffler dans son buffian", comme dit une amie charentaise à lui. Et il vous recommande la définition hilarante d'Almaterra sur l'accordéon, c'est par là!
Dimanche 26 août 2007
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22:05
Me revoici avec une nouvelle question et une nouvelle réponse, enfin. Je sais, je suis impardonnable, je n'ai pas trouvé le temps de répondre et
de publier. Aujourd'hui je prends quelques minutes pour répondre à l'excellente question de Bertdo: "Est-ce qu'il n'y aurait pas une question qui serait
sans réponse? Si tu pouvais y répondre, nous ne resterions pas sans réponse. Mais comment répondre à une question que l'on ne connait pas?"
Eh bien oui, il y a des questions sans réponse. Maintenant il y en a une de moins, la tienne. Mais il est évident que toutes les questions
qui n'ont pas encore été posées sont sans réponse. Et il en sera toujours ainsi: ne dit-on pas: "la question ne se pose pas"? Toute
question non posée n'a pas de réponse, et même dans un cas où la réponse serait très évidente, si personne ne pose la question, il n'y a pas de réponse.
Ca répond à ta question? Je suppose que oui (tu vois je fais moi-même la réponse à la question, comme ça, ça fait une question sans réponse de moins. Réponsatout n'aime pas trop les questions
sans réponse!) Sur ce, rendez-vous à la prochaine question! Et à la prochaine réponse!